ANIMA, diaporama (vidéo HD, son, 0,1 s/ image, 17:59 min), photographies, 2020-2025.

Soutien ADAGP – Dotation recherche automne 2023

Anima s’est développé depuis l’observation d’animaux naturalisés et de l’exploration de leurs lieux de conservation à partir de 2018. Courant 2020-2024, dans les réserves des collections de taxidermie des muséums de Gap, Marseille, Toulon, Aix-en-Provence et du Musée Gassendi à Digne-Les-bains, une série de portraits photographiques de ces «hybrides animaux objets » (Isabelle Borsus) a été réalisée, selon un protocole de prise de vue impliquant un cadrage « yeux dans les yeux » avec le spectateur. Le diaporama Anima a été construit à partir d’environ 9000 portraits de cette série photographique. La bande son a été créée par l’assemblage de sons extraits de vidéos réalisées sur les chemins des réserves des muséums explorés.

Anima  interroge notre rapport au vivant et à sa finitude, notre condition animale et notre relation ambigüe envers l’artificialité d’un monde naturel résiduel dominé par l’anthropocentrisme occidental, « l’ontologie naturaliste » (Philippe Descola). Ce travail questionne aussi, en muséologie, ce qui est à l’œuvre dans la construction et les usages de l’animal naturalisé, au-delà de sa fonction de support mémoriel et narratif. La question du regard mise en avant dans ce face à face avec l’animal naturalisé prend tout son sens puisque les animaux sont morts et que l’échange de regards se fait avec des artefacts de résine ou de verre. Depuis cette mimésis qui parle plus d’absence que de présence, Anima crée la possibilité d’un autre échange.

Le projet évolue depuis trois ans vers une installation multimédia, de laquelle participera le diaporama Anima, accompagné par d’autres oeuvres in process afin de l’inscrire dans une forme de diffusion plus ouverte. Le dispositif d’installation imaginé lui donnera d’autres points d’encrages et de nouveaux éclairages, tout en rendant compte de l’expérience et de la recherche qui l’ont accompagné.